3+1+500 = un premier bilan s’impose

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Déjà 3 mois …

3 mois que nous nous sommes lancés dans cette aventure que certains appelleront folle. Je préfère la voir comme une expérience enrichissante pleine de défis !

3 mois que nous n’avons plus  succombé aux produits (sur)emballés.
3 mois que nos filles ne mangent plus de biscuits industriels.
3 mois que nous vidons, vidons et revidons tous ce que nous avions acheté bien avant notre décision. Je me demande d’ailleurs comment nous avons pu faire autant de réserves. Nous ne sommes pourtant pas en temps de guerre quand même !

1 mois sans jeter de poubelle !

Et ma poubelle dans tout cela ? Et bien elle se porte plutôt pas mal ! Nous n’avons pas sorti de poubelle en 1 mois ! Pour une famille de 4 personnes, c’est déjà un bon début. Mais le chemin est encore long et on est encore bien loin de l’objectif du litre de déchets !

Et après ?

Le zéro déchet, ça ne se fait pas en un jour. C’est un long cheminement mais je peux vous assurer (et vos messages me confirment que c’est le cas) que lorsque l’on met le pied à l’étrier, il devient impensable de faire marche arrière. C’est amusant, innovant et ça nous pousse dans nos plus simples retranchements.

Voici ci-dessous quelques uns des défis que je me donne pour les prochains mois :

  • Le lait : même si la solution la plus simple serait de ne plus en boire, je vous avoue que ça ne serait pas possible dans notre petite famille. Je n’en bois pas beaucoup mais mon homme et mes filles en consomment pas mal ! L’objectif est de trouver une solution durable, proche de chez nous (oui, il y a des distributeurs automatiques de lait « à la campagne » mais je ne me vois pas faire des trajets en voiture juste pour aller chercher du lait en bouteille). Je ne désespère pas et je garde les yeux grands ouverts dans le but de trouver une solution ! En attendant, on continue à acheter :
    • du lait cru via notre producteur (via notre GASAP : ferme de Jambjoule) mais qui actuellement, est conditionné dans des poches en plastique. Je l’ai contacté et il est ouvert à réfléchir à une alternative au travers de consignes. Il le faisait par le passé mais faute de solution plus pratique (bouteilles qui cassent trop facilement et problème quant au nettoyage des bouteilles), il a dû stopper.
    • du lait bio en Tetrabrik. A défaut de trouver une solution zéro déchet, je boycotte le plastique autour des briques de lait et je le laisse dans le magasin. Mon signe de protestation 🙂
  • Mes produits d’entretien et de soins : je vide, je vide et je vide (encore et toujours jusqu’à ne plus en avoir) tous les pots de shampoing, de savons douche, de produit vaisselle, etc. Et quand c’est vide, je garde l’emballage (pas tous évidemment !) et je fais du home made comme mon dentifrice par ex.
    Prochaine étape : mon gel pour les cheveux. Oui oui, j’ai les cheveux courts et non non, je ne les laisserai pas pousser afin de ne pas devoir mettre de gel, même si Bea Jonhson, elle fait comme ça !
  • Les mouchoirs en tissu : sans doute ce qui me freine le plus… Même si, quand j’étais petite je n’utilisais que ça, j’ai pris l’habitude des mouchoirs en papier pour le côté hygiénique. Je viens de tester et c’est tout doux. Les filles sont très motivées car j’ai retrouvé (grâce à ma maman) de jolis mouchoirs d’enfants avec des motifs ! A suivre.
  • H²O : dans les prochaines semaines, je vais beaucoup travailler sur l’aspect « eau ». Lors de notre rénovation, nous avons veillé à réduire notre consommation d’eau grâce à la remise en fonction de notre citerne d’eau de pluie de 5.000 litres qui est maintenant raccordée à nos 2 WC et à notre machine à laver. Nous avons aussi placé des robinets sur la terrasse, dans le jardin et dans le garage pour le nettoyage des vélos, l’arrosage des plantes, etc. Dès demain, je veux trouver le moyen de récupérer les eaux usagées mais aussi réduire l’utilisation de celle-ci dans notre quotidien.
  • Non merci aux « déchets » de nos visiteurs :  Ce qui est sans doute le plus difficile pour moi dans cette expérience est de refuser les cadeaux et les présents de nos visiteurs : bouteille de vin non consignée, paquet de chips pour l’apéro, etc. ou de leur demander de repartir avec leur déchet (plastique, bouteille …). Cependant, il est à remarquer que nos visiteurs qui connaissent notre démarche veillent bien à apporter des cadeaux sans trop de conséquences sur nos engagements. Dernièrement, lors d’un repas au restaurant pour la Saint-valentin, j’avais droit à repartir avec un petit sac et des échantillons de produits de beauté. Je me suis surprise à tout naturellement le refuser. Ça n’est pas facile car on a peur de choquer la personne qui nous l’offre mais en expliquant pourquoi on refuse, la compréhension prend souvent le dessus.
  • Les pâtes fraîches de notre petit producteur (entre autres) : Je fais partie d’un Super GAS. Je peux y commander différents produits. La plupart arrivent sans emballage mais pas toujours. C’est par exemple le cas de ce chouette producteur de pâtes fraîches. Elles sont délicieuses et son projet est vraiment intéressant MAIS elles arrivent dans un emballage en carton avec une pellicule de plastique. Malgré qu’il ait fait attention à avoir un emballage le plus écologique possible et qu’il ait essayé de me convaincre que l’emballage peut être utilisé plusieurs fois (pour conserver le reste des pâtes, pour un autre lunch ..), je ne suis pas convaincue que ça rentre dans mon nouveau mode de vie. Là se situe donc la limite et le fragile équilibre entre un mode de vie zéro déchet et le choix de produits qualitatifs, locaux et à valeur ajoutée sociale mais dont le produit reste emballé …

A lire ces quelques paragraphes, vous devez peut-être vous dire « est-ce que c’est pas un peu se couper les cheveux en mille pour pas grand chose ?! Un emballage en carton, c’est recyclable, non ? Alors pourquoi se poser tant de questions ?! » Dans notre désir de diminuer nos déchets, il y a le fait de supprimer l’emballage plastique mais aussi toutes les autres sortes d’emballage car, pour nous, « le meilleur déchet est celui qui n’existe pas« . Pour faire ces emballages, même s’ils sont en carton, il faut du pétrole, il faut des matières premières épuisables (et des arbres coupés très souvent sans respecter la charte PEFC), donc autant les éviter !

500 likes sur fb.com/zerocarabistouille

Qui l’eu cru ? Pas moi en tout les cas. 500 j’aime sur la page facebook de zéro carabistouille et autant de personnes motivées et bien décidées à proposer des alternatives au quotidien ! Bravo !

Suis-je heureuse malgré tout ?

OUI en majuscules. Je ne me suis jamais sentie aussi bien. Je ne ressens aucune frustration, juste de la satisfaction. Mes choix sont en phase avec mes valeurs, mes engagements. Vos messages de soutien mais surtout mon nouveau mode de vie me rappellent que je fais ma part. Chacun peut le faire à sa mesure, selon ses moyens et ses limites. Je me dis que demain, je pourrai dire à mes petits-enfants : « Grand-maman, elle est pas restée là à se plaindre mais elle s’est transformée en petit colibri pour participer à vous offrir un monde meilleur ».