Une rénovation zéro déchet ou presque…

Nous habitons une ancienne maison de ville datant de 1907. Lors de l’achat de celle-ci, tout était à refaire : électricité, conduite d’eau, chauffage, etc. Nous avons dû procéder par étapes vu le budget conséquent et nécessaire. Entre la première salve de rénovation et la seconde, il s’est écoulé plus de 10 ans. Ce qui nous a permis de penser autrement la suite de notre rénovation.

Dans l’aspect zéro déchet lié à une rénovation, il ne faut pas juste s’arrêter aux déchets générés par la démolition (et ils seront nombreux…) mais il faut aussi regarder plus largement. Le fait d’acheter des matériaux neufs, de privilégier des matériaux conventionnels et non écologiques, etc. peuvent fortement augmenter notre empreinte carbone et le CO2 nécessaire à la production de ceux-ci. Sans parler des déchets cachés et des conséquences environnementales et sanitaires que ces matériaux non durables peuvent causer.

Pour une rénovation zéro déchet, les maîtres-mots sont donc : naturel, durable et de récup’.

Bien choisir les matériaux

Nos maisons regorgent de richesses insoupçonnées : portes en bois, châssis moulurés, planchers en pin, carrelage d’époque… En d’autres termes, de beaux matériaux, souvent bien plus qualitatifs que ce l’on fait aujourd’hui. Avec beaucoup d’huile de bras et de la créativité, ces matériaux reprennent vie.

Evitons le neuf …

Pour éviter de devoir acheter neuf, il est possible de se tourner vers les casses de construction qui sont une réelle mine d’or. En cherchant bien, on trouve de magnifiques carrelages d’époque et de vieilles portes en bois. Cela peut toutefois prendre plus de temps pour trouver la perle rare.

… ou prenons du neuf écologique

Tant qu’à acheter du neuf, privilégions donc des matériaux écologiques : laine de bois pour l’isolation de la toiture et de la façade, cellulose pour l’isolation des plafonds et des planchers, OSB eco et sans formaldéhyde, fermacell, plaques de plâtre écologique, peintures écologiques, vernis naturels, bois de chêne local… Chez nous, nous avons même mis de l’argile sur les murs et du liège sur le sol.

Petit bémol, ces matériaux écologiques peuvent coûter entre 10 à 20 % plus chers que les conventionnels. Mais il existe parfois des primes qui permettent d’adoucir cette différence de prix car elles sont plus élevées si on privilégie des matériaux écologiques.

Utiliser des matériaux respectueux de l’environnement, en plus d’être bons pour la planète, offre souvent un meilleur confort dans l’habitation et évite de vivre dans un lieu empli de substances nocives qui se dégagent petit à petit sans que l’on ne s’en rende compte.

Avoir des murs en argile, des doubles vitrages performants, des sols et des toits isolés ne se limite pas seulement au confort de vie. Cela se ressent également dans nos dépenses énergétiques qui fondent comme neige au soleil. Et quand on sait le prix de l’énergie aujourd’hui, on se dit que ca n’est pas une mauvaise chose !

Limiter les déchets

Pendant la rénovation, quoique l’on fasse, on génère des déchets. Fort heureusement, 80 % des déchets de construction et de démolition peuvent être recyclés, essentiellement sous forme de remblais (bois, briquaillons, ciment, etc.).

Pour permettre ce recyclage, il faut bien s’organiser. Cela passe, par exemple, par le choix d’un conteneur de déchets inertes (par opposition au “tout-venant”). Par exemple, seulement du bois, seulement du ciment, seulement des briquaillons. Par ce choix, on bénéficie souvent d’un meilleur prix car le tout-venant nécessite une séparation du mélange au centre de tri.

Les métaux, à peine sortis de la maison, sont, quant à eux, très facilement récupérés par les marchands de ferrailles.

Certains déchets dangereux, ceux qui comportent de l’amiante par exemple, doivent être déposé dans des centres de tri spécifiques.

L’eau

Nous avons apporté une très grande attention à la gestion de l’eau dans notre habitation. L’or bleu n’est pas une ressource illimitée et, d’année en année, les périodes sèches augmentent. Nous voulions donc que notre habitat soit le moins consommateur possible de cette richesse. Que peut-on donc faire ?

  • Réaffecter une citerne d’eau de pluie : aujourd’hui, pour les nouvelles constructions et dans certaines régions, il est obligatoire de prévoir une citerne d’eau de pluie. Dans les anciennes habitations, beaucoup avaient souvent une citerne qui peut être rénovée. On y relie alors la machine à laver, les toilettes et les robinets de jardin. Sur le long terme, en plus d’être bon pour la planète, c’est bon pour la facture d’eau !
  • Installer une boucle sanitaire qui permet une alimentation en eau chaude plus optimale des différents robinets aux différents étages. Cette alimentation est gérée par des interrupteurs sans fils reliés à la chaudière. On enclenche l’interrupteur et, 1 à 2 minutes plus tard, on a de l’eau chaude au robinet. Cela permet d’éviter de devoir perdre plusieurs litres d’eau froide avant de pouvoir entrer dans la douche. Parallèlement, il n’y a pas besoin de faire tourner le circulateur de manière continue. On fait donc également des économies d’électricité.
  • Avoir de petits eco-gestes quotidiens: pas de douche tous les jours ni trop longues, on ne tire pas la chasse à chaque fois (par ex. lors des petites commissions), réutilisation de l’eau (eau pour nettoyer la salade par ex.) pour la vaisselle, etc. Je vous propose 3 éco-gestes complémentaires dans cet autre article.

Grâce à toutes ses mesures, on peut aujourd’hui voir une réelle différence sur notre facture auprès de la compagnie des eaux. En effet sur base de notre dernière facture annuelle, notre consommation en eau de distribution, pour 4 personnes, correspondait à la consommation annuelle moyenne d’une personne vivant seule.

L’éclairage

Aux oubliettes les ampoules à incandescence vive l’éclairage LED. La consommation énergétique est clairement moindre par rapport à une ampoule à incandescence. De plus, la chaleur de la lumière émise peut tourner vers le blanc chaud et donner une ambiance de vie bien agréable.

Petite ombre au tableau :

  • La production des LED ainsi que leur recyclage est plus lourd pour la planète. Une LED ne fonctionnant plus doit être déposée à un endroit de collecte prévu à cet effet. Elle ne peut certainement pas être jetée à la poubelle.
  • La durée de vie d’une ampoule LED est théoriquement de plusieurs milliers d’heures, peu sont les élues tenant la durée annoncée sur papier.

Des électros plus plus

Saviez-vous qu’en privilégiant un combiné frigo-congélateur A+++ à  un A+, vous économisez jusqu’à 36 % d’énergie et +/- 25 euros par an ? Et s’il s’agit d’un séchoir A+++ par rapport à un séchoir B, on peut monter à 68 % d’économie d’énergie et presque 100 euros par an ?

D’ailleurs, Ecoconso a rédigé un article qui vous aidera à faire le bon choix pour vos achats de gros électroménagers.

Il n’y a pas de petites économies. Bout à bout, ces montants cumulés peuvent être surprenants et la planète vous dira « merci » !

Faire une rénovation écologique est aussi une belle occasion pour utiliser les éco-chèques que vous recevez peut-être de la part de votre employeur. Souvent quand on les reçoit, on se dit « mais que vais-je bien pouvoir faire avec ? ». Pourtant, on peut les utiliser pour l’achat de beaucoup de produits : neufs ou d’occasion, électroménagers, matériaux de construction, produits éco labellisés ou même denrées alimentaires bio. Les possibilités ne manquent pas. Curieux.se de découvrir la liste complète ? C’est ici que cela se passe !

2 commentaires sur « Une rénovation zéro déchet ou presque… »

  1. bravo pour la cohérence de la démarche.
    quelques petites détails :
    – pour l’alimentation en eau, je conseille le site eautarcie. oui on peux aussi utiliser l’eau pluviale filtré comme eau potable, avec au final une amélioration de la qualité.
    – idem pour les eaux grises, au lieu de jeter « tout à l’égout », c’est une ressource précieuse pour le jardin (suffit de voir les dégâts de la sécheresse cette année pour se rendre compte de l’absurdité de jeter une ressource dont on a besoin à quelques mètres)
    – pour la performance énergétique, je suis fortement partisan du principe « logement passif » : on met un peu plus d’isolant, on peaufine les ponts thermique et au moins au bout de la démarche, cela maximalise l’efficacité énergétique et est un des moyen les plus efficaces à mes yeux pour une réduction massive des besoins « énergie fossile/carbone » (divisions par 10 par rapport à un logement moyen) tout en stockant du carbone (si l’isolant est naturel et non pétrochimique), chose au combien nécessaire.
    – je suis toujours aussi surpris quand on parle de recyclage quand il n’y a pas de cycle (brique -> remblais). ne devrait-on pas utiliser le terme de réutilisation ou sous-cyclage ? cela permettrait de bien faire la différence entre les matières qui produisent infiné des déchets et ceux qui n’en produisent pas
    – pour faire des cycles justement, il faudrait aussi s’attaquer aux toilettes. toute cette matière organique qu’on détruit (qui plus est de manière énergivore) dans les stations d’épuration. tout ce phosphore qu’on envoi à l’océan… là aussi je conseille de lire le site eautarcie, cela m’a changé ma vision des choses (et cela met en lumière le gouffre qu’il y a entre « assainir la rivière et gestion durable des ressources »

  2. Bonjour, super ce que vous faite. Pouvez vous donner des explications concernant le revêtement à l’argile ?? Chez moi, il reste l’enduit mural à faire et je souhaite le faire à la manière green également 🙂

    Merci d’avance et bonne continuation dans votre projet

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